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So what? [Pv zippora & Eleanor] TERMINÉ

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MessageSujet: So what? [Pv zippora & Eleanor] TERMINÉ Mar 24 Avr - 3:28



Le temps semblait défiler d’une manière particulièrement lente. Depuis quelques jours, elle n’avait pas vu la tête blonde venir lui rendre visite à l’infirmerie parce que la demoiselle se trouvait en cellule d’isolement. Depuis quelque temps, l’intervenante devait juste redoubler d’effort quand il était question de Zippora. Des bruits commençaient à courir et elle ne pouvait pas se permettre de perdre son travail, elle ne le voulait pas non plus. Ses yeux fixaient quelques documents qui étaient posés sur son bureau. Trop de choses à penser. Trop de choses à faire. Trop de choses à régler. Entre sa maladie, son travail et cette relation qui la rendait de plus en plus fragile, l’infirmière ne savait plus où donner de la tête. Depuis quelque temps, elle manquait des traitements, ce qui avait le don de rendre ses symptômes encore plus courants. Les maux de tête, les étourdissements, les hallucinations qui se contentaient d’être des brouillements de sa vue et des sueurs froides. Sa maladie prenait de plus en plus de place et elle se contentait de ne pas suivre correctement les traitements. Ça n’avait rien de bon ou de correct, mais elle était comme ça. La jeune femme fermait les yeux, tentant de contrôler cet écran noir qui faisait obstruction dans son champ de vision. C’était dérangeant. Surement que les heures trop chargées de travail et cette relation qui la rendait parfois à bout de nerfs ne l’aidaient pas. En apparence, Eleanor semblait calme. En temps normal elle l’était. Sauf que des choses venaient ébranler ce calme dont elle avait toujours fait preuve avec elle. Avec tous le monde. La jalousie. Sentiment néfaste qu’elle ne pouvait pas contrôler et qui avait le don de lui faire reculer de quelques pas dans cette relation qui lui tenait surement trop à cœur. Les infidélités de la femme qu’elle aimait la rendaient malade, encore plus quand elle tombait sur une scène qu’elle aurait préférée inexistante. Cette fois, elle était tombée sur elle en train de s’envoyer en l’air avec un patient ou je ne sais quel homme doté d’une queue qu’elle ne pouvait avoir pour satisfaire les envies de la blonde. Le souffle lui avait manqué. C’était comme lui donner un coup de couteau dans le dos. De plus, l’intervenante ne pouvait pas sans cesse couvrir les arrières de la jeune femme et sur le coup, elle n’en avait pas envie. Difficilement apte à résonner, elle n’avait pas réellement eu d’autre choix que de dénoncer son aimée de ses méfaits. Quelques remords avaient pris place en elle, en sachant qu’elle allait passer du temps en cellule d’isolement. Des remords mélangés à cette colère qu’elle avait de savoir qu’elle ne pouvait cesser de s’envoyer en l’air avec le premier imbécile doté d’une trique. Elle détestait être jalouse. Elle détestait devoir jouer à la surveillante alors qu’elle n’avait pas envie de la dénoncer. Pourtant, les bruits et les rumeurs devenaient trop importants pour qu’elle protège toujours les arrières de sa patiente.

Ce soir, l’intervenante savait que Zippora sortait et elle était partagée entre le fait d’accourir vers elle pour voir si elle ne se portait pas trop mal et souffrir du fait qu’elle l’avait vu en train de baiser avec un autre. Elle n’aimait pas sa position. Elle jouait dans l’interdit, dans un terrain où elle ne devait pas s’aventurer. La blonde ne pouvait pas toujours faire bien et parfois, elle avait envie de fuir tellement son comportement la faisait souffrir. Ça n’avait rien de facile entre les deux demoiselles. Assise à son bureau, ses pensées étaient simplement usées par le fait que la jeune femme sortait de l’isolement et que la suite des évènements ne serait surement pas facile. Elle allait lui en vouloir. Elle appréhendait le moment. Tenter de rester calme, mais d’une certaine façon, elle avait peur d’exploser et de lui reprocher de baiser avec n’importe qui. Elle lui en voulait. N’importe qui éprouvant des sentiments aussi forts que les siens lui en voudrait. Zippora allait lui en vouloir. C’était normal. Elle n’avait pas réellement le choix d’agir de la sorte. Elle n’avait pas réellement le choix de devoir jouer la police par moment. Son esprit partait en vrille, se posant trop de questions. Ses doigts venaient faire pression sur ses yeux qui semblaient de plus en plus douloureux. Il était tard. Trop tard et l’envie de passer une bonne nuit de sommeil était quasiment inconcevable. Sa maladie lui faisait passer des nuits d’enfer à avoir des sueurs nocturnes et du mal à trouver un peu de repos. L’écran noir qui obstruait son regard ne semblait pas avoir envie de la laisser. Sa vue lui faisait défaut tout comme sa santé. Un long soupire passait entre ses lèvres, rendant plus ferme la pression contre ses yeux envie une envie folle de les briser question de calme le mal et ne plus être importuné par ses manques de vision ou hallucination trop fréquente. Le silence était presque religieux et aggravait cette envie de dormir qui la torturait. Immobile. Elle ne bougeait pas, dans l’attente que son symptôme disparaisse et qu’elle puisse se lever pour se mettre en marche vers le dortoir pour prendre un peu de repos. Elle ne bougeait pas. Le temps passait. Des pas finirent par se faire entendre dans le couloir. Des pas agités. Des pas feutrés. Sa main se retirant de contre ses yeux, quelques clignements, sa vue encore brouillé elle tournait le regard vers la porte. Une main replaçait sa robe noire très sobre et élégante. La porte était ouverte. Qui pouvait bien se balader à cette heure?



Dernière édition par A. Eleanor Blackwell le Jeu 26 Avr - 2:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: So what? [Pv zippora & Eleanor] TERMINÉ Mar 24 Avr - 9:58


Silence. Vide. Les heures se sont entassées autour du corps tremblant de la frêle Zippo. Le temps s'est arrêté, trop souvent, la laissant en suspens dans l'apesanteur de l'attente d'une libération. La pièce, froide, exiguë, avait accueilli la blonde pendant plusieurs jours. La nourriture qu'on lui avait donnée avait été refusée, elle n’avalerait rien, plutôt supporter les coups. La période la plus dure avait été le début. Elle s'était mise à crier, de longues heures durant. Elle s'était époumonée, hurlant qu'ils n'avaient pas le droit de faire ça, qu'ils ne pouvaient pas l'enfermer. Ses petits poings s'étaient épuisés sur les murs de la cellule, en vain. De temps à autre, on venait lui ordonner de se taire. Non décidée à obtempérer, sa voix révoltée ne se calmait que quand trop de coups l'avaient à moitié assommée. Les derniers jours, elle les avaient laissés passer, lentement, se rongeant les ongles, se tordant les doigts, tombant de fatigue, ses nuits toujours écourtées de visites surprises.
Des gardiens, frustrés hurlait-elle, avaient plusieurs fois menacé de la violer, elle qui aimait tant la bite criaient-ils, faussement dégoûtés. Et, pourtant, durant ce long séjour, elle avait pu échapper aux assauts sexuels, se faisant juste tripoter entre deux injures. Se faire enfermer pour avoir trop baiser. Un comble. Elle aimai le sexe, elle avait le droit de prendre son pied, elle en était sûre, elle ne cessait de le gueuler. Elle savait, au fond, que les motivations étaient différentes, que baiser n'était que montrer qu'elle avait encore un peu de contrôle, un peu de liberté. Ses moments de calmes étaient tourmentés par le souvenir de cette fois fatale. C'était Eleanor qui l'avait surprise. Celle qu'elle aimait était tombée sur elle en train de se faire sauter salement au coin d'un couloir. L'infirmière n'avait pu faire autrement que de la dénoncer, Zippora le savait, c'était la chose à faire, trop de doutes tournaient autour d'elles. Mais elle ne pouvait vraiment l'accepter, et, toujours, se tordait en elle de la rancœur, atténuant un peu sa culpabilité de l'avoir -encore- trompée.
Ils vinrent la sortir de la cellule sans qu'elle ne s'en rendre vraiment compte. La jeune ne voulait pas savoir, elle ne voulait pas voir, ne pouvait plus. Ses pas la firent avancer de quelques mètres dans le couloir sans que sa conscience ne reprenne le dessus. Quand, enfin, son esprit s'éclaircit, elle ne put que constater l'état pitoyable de son corps. Ses bras comme ses jambes étaient marqués de coups, les bleus plus ou moins jaunes-violacés suivant l'intensité et l'ancienneté de l'impact. Ses ongles qu'elle avait abusivement rongés avaient saignés, tout comme ses phalanges qui s'étaient trop souvent éclatées contre le mur. Son visage n'avait pas été épargné, et, en plus des cernes excessivement marquées, de nombreuses traces de violence y figuraient.

Elle avança, tremblante, jusqu'à la porte de l'infirmerie, priant pour qu'Eleanor s'y trouve. Si elle était trop fébrile pour s'énerver, elle tenait à lui montrer ce que sa dénonciation avait fait. Elle voulait qu'elle constate l'ampleur des dégâts. Et, secrètement, voulait s'excuser et s'assurer que la belle infirmière allait toujours bien. Par chance, c'était bien elle qui se trouvait à l'intérieur. Les yeux de Zippora l'observèrent un instant. Elle était toujours aussi belle, malgré quelques traces de fatigues qui marquaient son visage. Elle portait une robe noire que la jeune connaissait bien. S'était-elle inquiétée ? Elle ne devait savoir qu'une partie infime de ce qu'il se passait en isolement, mais avait déjà dû s'occuper de pensionnaires en ressortant.
Zippo vint s'asseoir sur le lit servant pour les auscultations. Elle posa son regard clair mais épuisé sur la blonde en face d'elle. Son coeur battait la chamade, elle-même partagée entre l'envie de lui hurler dessus et celle de la prendre dans ses bras pour s'excuser. Victime de ses addictions charnelles, elle n'arrivait à être fidèle à celle qu'elle aimait. Son passé était trop lourd, son corps ne pouvait s'y résoudre. Et, cette fois-ci, tout avait mal tourné. Les marques sur sa peau pâle en étaient les preuves. Elle avait souffert. Et cela était, pour une fois, autant de sa faute à elle qu'à celle de d'Eleanor.
Ses doigts se posèrent sur la peau de ses cuisses, effleurant les bleus qui la parsemaient. Affamée, épuisée, Zippora restait là, silencieuse, fixant celle à l'origine de la bataille dans sa poitrine. Ses yeux, rougis par le séjour en isolement, vinrent rapidement se remplir de larmes qu'elle ne pu retenir. Le silence qui dura quelques secondes la déchirait, lui montrant l'horreur de la situation, de leur relation, mais aussi à quel point elle l'aimait ce qui la condamnait à tout vivre au maximum, ne rien rater, profiter de chaque instant, chaque murmure, le remplir d'intensité. Parce que tout pouvait s'arrêter du jour au lendemain, d'une minute à l'autre.
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MessageSujet: Re: So what? [Pv zippora & Eleanor] TERMINÉ Mer 25 Avr - 1:24

Assise. Ses yeux posés vers la porte, elle attendait de voir la personne qui allait passer dans l’embrasure. Le corps de celle qu’elle aimait franchissait le seuil et les yeux encore embrouillés de malaise d’Eleanor se posaient sur elle. Le silence était désagréable. La vision de son corps brisé lui faisait mal au cœur. Partagée entre l’envie de lui en vouloir ou celle de prendre la blonde dans ses bras, elle restait simplement immobile à l’observer. Son regard glissait sur le corps brisé de la belle, observant les marques sur cette peau qu’elle aimait embrasser et dont elle aimait l’odeur. Son cœur se serrait. Elle se sentait mal, mais en même temps, elle commençait à ne plus trop avoir le choix d’agir. Si elle perdait son travail, elle ne serait plus là pour jeter un œil et veiller à ce qu’elle soit encore bien le lendemain. Elle voulait être là pour veiller sur elle. Ses yeux se fermaient un instant. S’attendant à tomber sous la furie de la jeune femme, elle s’étonnait de n’entendre aucun mot sortir de sa bouche. Elle la laissait se poser sur le bord du lit. L’infirmière se levait pour fermer la porte et la verrouiller par la même occasion. Elle ne devait plus être là à cette heure de toute façon. Le mieux pour elle aurait été de dormir. Elle n’aurait pas pu, en sachant que Zippora sortait de l’isolement et à cause de sa maladie. Eleanor restait un moment devant la porte, dans un silence qui devenait de plus en plus lourd. Une longue respiration. La jeune femme venait se poser sur sa chaise pour se tourner vers elle et poser son regard dans le sien. Elle lui en voulait encore, mais elle s’en voulait. L’intervenante s’en voulait de lui avoir fait subir ça, mais qu’aurait-elle pu faire d’autre? Son cœur se serrait quand elle voyait les larmes passer dans les yeux de Zippora. Son souffle lui manquait.

Elle se levait doucement pour se diriger vers elle, elle devait regarder si la jeune femme n’avait pas quelque chose de casser, soigner ses blessures, la panser, la réconforter et prendre soin d’elle. C’est ce qu’elle voulait. Ses doigts venaient effleurer sa joue pendant un court moment. Une caresse. Un contact trop léger, presque inexistant. Sa voix se cassait dans un souffle qu’elle lançait pour elle. « -Je suis désolée » Comment ne pouvait-elle pas se sentir mal de ce qu’elle lui avait fait subir? En même temps, Eleanor était blessée d’être tombé sur elle en train de coucher avec un autre. Cela lui brisait simplement le cœur et elle avait envie de fuir, de partir, pour ne plus sentir ce foutu mal qui la rongeait. Elle lui en voulait de faire ça. « -Couche-toi s’il te plait. Je vais m’occuper de toi. Je veux m’assurer qu’ils ne t’ont pas cassé quelque chose.» Sa voix était douce, faible, un murmure presque inaudible, mais elle pouvait parfaitement entendre. Ça lui faisait mal de la voir de la sorte alors elle ne pouvait simplement pas comprendre ce qu’elle ressentait. Ça n’avait surement rien de comparable, mais voir celle qu’on aimait souffrir autant ne faisait pas plaisir.

Une fois cela fait, elle sortait ce dont elle avait besoin pour prendre soin des blessures de la jeune femme. Eleanor poussait doucement sur ses épaules pour que son aimée se retrouve sur le dos. Peu importe la résistance, elle ne voulait pas la laisser comme ça alors elle attendait qu’elle s’étende. La blonde approchait sa chaise pour commencer à observer ses jambes qui comportaient plusieurs bleues et égratignures. Son cœur ne cessait de battre trop fort, lui rompant les côtes. Ça lui faisait mal de la voir de la sorte. Ses doigts passaient doucement sur sa peau, pour veiller qu’aucun os ne soit cassé. Ses mollets. Elle nettoyait les blessures, elle nettoyait rapidement sa peau couverte de saleté. Une fois cela fait, elle relevait doucement son haut pour découvrir son ventre. L’infirmière venait passer ses mains sur son ventre, faisant des pressions pour veiller que tout soit normal. Elle tentait de ne pas lui faire mal. Ses doigts se posaient contre ses côtes doucement, pour s’assurer qu’elle ne compose aucune fracture. Tout semblait normal. Il y avait des blessures, des marques, des coups, mais ses os semblaient normaux. Une fois cela fait, elle attrapait doucement une de ses mains pour nettoyer les blessures à ses jointures et ses ongles. Délicatement, elle prenait soin de nettoyer les blessures de la jeune femme. Silencieuse, elle se contentait de faire son travail, mais non sans penser. C’était impossible de ne pas penser à elle en train de se faire sauter par un détenu. La jalousie lui faisait du mal et elle ne pouvait simplement as la contrôler. C’était impossible. En ce moment, elle ne savait par quoi commencer. Quoi dire? Comment le faire. Elle faisait ce qu’elle savait faire de mieux, prendre soin de ses blessures. Elle relâchait sa main une fois ses blessures soignées et elle passait à son autre main dans le silence le plus complet. Ce soir n’était pas son meilleur soir. Sa maladie devenait de plus en plus importante. L’intervenant lâchait ses mains pour venir laver les siennes. Le silence était lourd. Zippora était libre de bouger, s’asseoir si elle en avait envie. Eleanor se reposait sur sa chaise pour venir glisser son regard sur le visage de celle qu’elle aimait.
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MessageSujet: Re: So what? [Pv zippora & Eleanor] TERMINÉ Mer 25 Avr - 11:29

Blessée. Autant physiquement que mentalement, Zippora était blessée. Elle ne pouvait s'empêcher d'en vouloir à la jeune infirmière qui était, selon elle, la cause de tout ça. Elle savait, au fond, qu'Eleanor avait agi comme il le fallait, mais l'admettre alors qu'elle souffrait autant était au dessus de ses forces. L'autre s'approcha d'elle après avoir fermé la porte sans que la blessée ne la regarde vraiment. Elle ne savait plus si elle avait la force, l'envie, les maux la rongeaient, son corps abîmé en trop d'endroits pour pouvoir se focaliser sur une blessure précise. Elle ne voulait l'observer, elle ne voulait la voir et constater comme elle l'aimait, comme la rancoeur était faible face à tous les sentiments amoureux qu'elle pouvait ressentir pour elle. Alors, les yeux rivés sur le sol, elle la laissa s'approcher. Murmurant qu'elle était désolée, Eleanor posa ses doigts sur la joue de l'infidèle. Celle-ci, prise d'une nausée amoureuse, tourna le visage pour éviter le contact. Elle dit, distinctement malgré sa voix basse, quelques mots glacials. « Ne me touche pas. » La colère grondait en elle. Trop de mouvements, en trop peu de temps, trop d'informations, elle ne pouvait suivre. Alors, elle rejetait.
L'autre lui demanda de s'allonger, ce à quoi elle répondit une nouvelle fois, mais à voix plus haute, pour qu'elle comprenne clairement chacune des syllabes qui composait la phrase assassines : « Ne me touche pas. ». Ses larmes coulaient maintenant sur ses joues, traçant des tranchées de faiblesse sur sa peau usée. Malgré ses contestations, l'infirmière appuya sur ses épaules pour la forcer à s'allonger, et, même si le coeur était à la résistance, son corps ne pouvait se le permettre. Il n'y avait plus de force, amaigrie, les os plus saillants que jamais, meurtrie pendant des jours, elle aurait à peine pu résister à une bourrasque de vent.
Allongée, silencieuse, Zippora se retenait autant qu'elle le pouvait de penser. Ça n'aurait rien arrangé, au contraire, elle le savait, penser aurait tout fait empirer, penser l'aurait encore plus blessée. Alors, les larmes coulaient en silence. Elle pleurait sans un bruit, son visage fin ne se déformant aucunement. Sous les mains de sa jeune amante, c'était un cadavre qui pleurait, impassible, se vidant simplement de toute la souffrance accumulée pendant de longues heures, s'empilant sur plusieurs jours. L'autre blonde parcourut son corps sans un mot. Elle s'appliquait, coupable, accusée. Zippo tentait de rester de marbre, le regard fixé sur le plafond. Elle avait mal, c'était constant, sans compter sur les pics de douleur qu'elle ne voulait pas laisser paraître quand l'autre appuyait trop fort, ou au mauvais endroit. Son corps frêle tremblait sans arrêt, malgré ses efforts pour se calmer. C'était sans nul doute dû à l'accumulation de stress, de faim, de tristesse, de souffrance et de rancoeur. Quand elle sentit les mains d'Eleanor s'éloigner, elle se permit de mieux respirer. Un silence plus tendu se fit, ne relevant ni de l'auscultation, ni d'une toute autre occupation. Elles étaient là, immobiles, muettes. Aucun cri, aucun mot apaisant, aucun sanglot. Juste leur présence, leur respiration, et leurs tensions. L'infidèle, sans bouger, prit la parole. Sa voix s'éleva sans résonner telle une plainte. Au contraire, ces mots était clairs, précis, posés, comme si elle lisait un discours préparés des mois avant. « Je suis pas venue là pour me faire soigner. Ni pour te parler, pour te regarder ou te demander des excuses. » Il lui fallut plusieurs secondes pour se rendre compte que sa voix était au moins autant cassée qu'elle. Elle poursuivit malgré tout. « T'as fait ce que tu devais faire. Maintenant, tu vois. » Regarde les dégâts, regarde les dommages. Ses yeux de verre se posèrent sur elle, cette fois-ci. Fragile mais presque sûre d'elle, elle se sentait prête à affronter celle qu'elle aimait mentalement, si elle ne savait le faire physiquement. « Je ne saurai même pas dire l'heure qu'il est. » Elle baissa le regard, déjà blessée de la phrase qu'elle s’apprêtait à prononcer. « Tu devrais me dénoncer d'être hors de ma cellule à cette heure-ci. » L'attaque était mesquine, trop peu justifiée, sans véritables fondements, mais le soulagement que cela procurait à Zippora était intense. Elle avait besoin d'extérioriser, d'expliquer les larmes qui n'arrêtaient de couler des yeux azurs de la belle. Affamée, son ventre produisait des sons puissants, à peine masqués par les gémissements de douleur de la jeune qui suivaient. Elle s'assit pour être face à l'autre, à qui elle voulait afficher son corps blessé, comme si elle ne l'avait assez vu. Elle s'appuya doucement contre le mur derrière elle, grimaçant suivant les positions douloureuses qu'elle prenait. Elle attendait la réplique, l'assaut, sachant pertinemment qu'elle était fautive aussi dans l'histoire et que ses abus de luxures ne tarderaient à retomber, venant expulser la pitié qu'Eleanor pouvait encore lui porter. Mais, pour l'instant, c'était bien son moment de gloire à elle, c'était elle qui était à plaindre, son corps affichant désespérément les preuves de ses maux.
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MessageSujet: Re: So what? [Pv zippora & Eleanor] TERMINÉ Mer 25 Avr - 20:34


Elle ne l’écoutait pas réellement. Laissant son visage se tourner quand elle voulait glisser ses doigts contre sa joue, quand elle lui disait tout bas qu’elle ne voulait pas qu’elle que l’infirmière la touche. Peu importe. Elle voulait simplement veiller à ce que la jeune femme se porte bien, même si elle se doutait qu’elle avait vécu un enfer. Ce n’était pas pour le plaisir que la blonde avait dénoncé Zippora. Ni pour se venger. Elle devait le faire. À un moment, elle n’avait plus le choix. Eleanor tentait de protéger la jeune femme comme elle le pouvait, prenant des risques de plus en plus grands, mais parfois elle devait agir comme il était dicté de le faire. Comme cette fois. La jeune femme n’avait pas réellement envie de parler. Elle n‘avait pas envie de commencer à parler de cette histoire, parce qu’elle se doutait qu’elle allait s’emporter. Elle lui en voulait. C’était en elle. Cette souffrance de vivre une infidélité de sa part, ça la tuait doucement et elle détestait cela. La blonde ne parlait pas, se contentant de faire son travail. Parfois elle se disait que ce serait surement plus facile si elle n’était pas tombée amoureuse d’une de ses patientes. Si elle n’était pas tombée amoureuse d’elle. Cette relation était complexe et comportait son lot de problème et de souffrance pour les deux jeunes femmes. Anna se contentait de rester professionnelle pour le moment, elle se contentait de faire ce qu’elle devait faire même si Zippora montrait de la résistance. Simplement le soigner. C’est ce qu’elle voulait. La blonde n’avait pas la tête à s’engueuler même si elle se doutait que cela allait finir par arriver. Une fois sa vérification faite, elle se reculait. Laissant son regard se poser sur a jeune femme, observant ses mouvements et son corps. Elle se sentait mal. Déchirer entre deux sentiments qu’elle n’aimait pas vraiment. La rancune et la culpabilité.

Zippora parlait. Elanor ne réagissait pas sous les reproches que la jeune femme lui faisait. Ce soir, elle ne voulait pas réellement ressentir, même si elle ne pouvait pas. Son regard se plantait dans le sien pendant un court pour et elle finit par faire tourner sa chaise pour sortir le dossier de sa patiente pour y prendre quelques notes. Ce qu’elle venait de faire. Son état. Ce genre de chose. Elle entendait le reprocher qui résonnait dans sa tête et qui se fracassait dans chaque parcelle de son corps. D’une certaine façon, elle avait envie de lui dire que c’était de sa faute et qu’elle n’avait qu’à ne pas baiser la première queue qui croisait son chemin. Pourtant, elle se complaisait dans ce silence le temps de remplir son dossier et de le replacer au bon endroit. Don cœur battait trop fort. Sa tête lui faisait défaut. Ses sentiments partaient dans tous les sens, mais elle n’avait pas envie de crier. Peut-être joué sur l’indifférence même si cette infidélité la faisait particulièrement souffrir. Elles avaient toutes deux une raison d’en vouloir à l’autre. L’élément déclencheur avait été cette foutue baise qui n’aurait pas dû avoir lieu. Après avoir rempli son dossier, elle passait une main dans ses cheveux et venait appuyer ses deux coudes contre la table pour y poser sa tête. Un long soupir se glissait d’entre ses lèvres. De la fatigue? De l’agacement? Surement un peu des deux. Ses yeux se fermaient pendant un instant. À ce reproche, elle avait envie d’avoir tellement de réactions à la fois que cela en était épuisant. L’intervenante se contentait de rester ainsi, quelques minutes, laissant ce foutu silence trop désagréable planer dans la pièce. Un moment. Elle relevait sa tête pour regarder le mur devant elle. Aucune envie de la regarder. Elle n’avait pas besoin de se sentir encore plus mal qu’elle ne se sentait déjà. Zippora se chargeait de rendre les remords encore plus graves. Une main passait sur son visage alors qu’elle nouait rapidement ses cheveux. « -Arrête Zippora.» Elle allait continuer, s’emporter, mais elle se taisait aussitôt.

La blonde se contentait de tourner doucement sa chaise pour se retrouver en face d’elle, son regard la parcourait un instant, elle l’observait. Distante. Pas réellement rassurante. Juste. Elle lui en voulait aussi, c’était évident, mais elle ne disait rien. Silencieuse, elle l’observait. Avait-elle réellement besoin de parler pour lui dire combien elle lui en voulait pour ses infidélités? C’était évident. C’était logique. C’était normal. Ce n’est pas pour autant qu’elle se sente bien de lui avoir fait subir cela. Zippora n’avait pas besoin d’enfoncer le couteau dans la plaie. Comme Eleanor se doutait que lui dire que si elle n’avait pas baisé un autre, elles n’en seraient pas là. D’une certaine façon, elle le pensait, mais elle n’avait pas envie de lui mettre tous ses reproches sur le dos comme elle venait de le faire pour elle. Elle avait envie de parler, mais elle avait envie de se taire. La blonde se levait de sa chaise pour se diriger vers la porte qu’elle déverrouillait. Ses yeux se posaient une nouvelle fois sur elle. « -Tu as raison. Je ne voudrais pas à devoir t’envoyer une nouvelle fois en isolement. Alors si tu as envie de rester et que quelqu’un nous surprend, que cela arrive une fois de plus et que tu comptes me le reprocher. Tu peux partir maintenant.» C’était méchant? Peut-être. Cela prouvait qu’elle était blessée aussi et le calme dont elle faisait preuve pouvait devenir agaçant. Elle ne se fâchait pas. Elle ne pleurait pas. Elle restait simplement calme, parlant sur un tin légèrement brisé, mais neutre. Une façon de lui faire mal? Peut-être. Disons qu’elle n’était pas en train d’analyser ses actes, mais de les commettre. Eleanor n’ouvrait pas la porte, mais elle venait reprendre place contre sa chaise. Lui laissant le loisir de partir ou de rester. Ayant clairement dit que si c’était pour lui faire d’éventuels reproches si les choses tournaient mal qu’elle pouvait s’éclipser. Elle se contentait de reprendre place sur sa chaise. Silencieuse une fois de plus.
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MessageSujet: Re: So what? [Pv zippora & Eleanor] TERMINÉ Mer 25 Avr - 21:14

Aucune réponse. Eleanor ne donnait aucune réponse. Elle restait là, silencieuse, se contentant de la regarder. Alors cela ne lui inspirait que ça ? Son corps abîmé, ses bleus, ses marques, tous les coups qu'elle avait pris, tout cela ne lui évoquait aucun mot de plus ? Attendait-elle des excuses de la part de Zippora ? Celle-ci soupira un peu. Elle n'attendait rien mais voulait plus. Ca ne suffisait pas. Ca ne suffisait pas. Son amante qui tournait en rond autour de son bureau, prenant des notes stupides, ça ne suffisait pas. Ses yeux posés sur le mur, refusant d'affronter les siens, rougis par les larmes, ça ne suffisait pas. L'anorexique aurait pu le hurler, le gueuler, en reversant le bureau, prise d'une de ces crises d'hystérie qui la caractérisaient tant, mais elle n'en fit rien. Les forces n'y étaient pas, l'envie non plus. Si son malheur, si sa souffrance, n'évoquaient rien à celle qu'elle aimait, tant pis. Elle ne voulait pas s'énerver, elle ne voulait pas s'épuiser. Tant pis.
L'infirmière, comme pour confirmer les paroles de la plus jeune, se leva et déverrouilla la porte. La blonde toujours assise se raidit à cette vision et ne prononça mot. Le message était clair. Si la porte était ouverte, elles ne se toucheraient pas. Elles ne s'approcheraient pas. Si la porte était ouverte, elle redevenait une simple patiente, et Eleanor redevenait une simple intervenante. Il n'y avait plus de relation, plus de contact, plus de baisers. Zippo baissa les yeux, ne voulant entendre les paroles encore plus assassines qui résonnaient dans la pièce. Elle essuya ses joues mouillées, s'interdisant de pleurer encore, refusant d'être blessée pour un coeur aussi froid. Plus facile à dire qu'à faire, ses yeux continuaient d'expulser des larmes qui brouillaient sa vue, qui brouillaient son ego. Son coeur battait encore trop fort, ivre d'une colère démentielle qu'il ne pouvait extérioriser. La blonde n'était habituée à rester calme, et, pourtant, elle garda le silence. Aucun mot ne pouvait faire face. Aucune parole ne pouvait suffire.

Elle se leva, doucement. Ses jambes la portaient difficilement, son corps encore accablé par la douleur. Ses pas furent lents mais assurés. Sans savoir ce qu'elle voulait, elle savait ce qu'elle ne voulait pas : rester là. Alors, sans un mot, elle se dirigea vers la porte. Faisant maintenant dos à l'infirmière, elle frémit un peu. Son imagination lui offrit un spectacle surprenant, l'autre blonde se levant d'un coup et l'agrippant, la forçant à s'agenouiller. Elle sortirait alors d'on ne sait où un flingue qu'elle avait toujours gardé là, caché. Elle le pointerait sur la nuque raide de la junkie et appuierait sur la détente, d'un geste ferme et rapide. Le coup de feu retentirait, alertant tout le Centre, décrochant le crâne du corps de la maintenant morte. Son cadavre s'écroulerait sur le sol, non sans que la meurtrière lui ai lancé un dernier regard, et finirait par baigner dans son sang.
Zippora frémit, se rendant compte que la vérité n'allait pas ainsi. Le silence l'accompagna solennellement jusqu'à la porte qu'elle ouvrit doucement. Si c'était ce qu'Eleanor voulait, elle le ferait. Si elle ne savait lui offrir quelque chose de mieux, quelque chose de plus, elle s'effacerait. Elle ne voulait pas s'excuser, elle ne voulait pas lui pardonner, pas comme ça. C'était au-dessus de ses forces. Son seul désir était de se mettre à pleurer, contre la poitrine chaude de celle qu'elle aimait, après l'avoir insultée de tous les noms et s'être vue obligée de rester. Et ça n'arriverait pas, pas ce soir. Ca crevait les yeux. Ca lui crevait le coeur. Triste malgré elle, épuisée par dessus tout, elle préféra partir. Elle quitta alors la pièce, sans un coup d'oeil en arrière, et s'éloigna retrouver son lit. Essayer de dormir, de trouver le repos, c'était la bonne issue. C'était la seule issue. Stupide elle avait été de croire que l'amour lui suffirait, l'apaiserait.
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