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So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé]

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MessageSujet: So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé] Dim 22 Avr - 8:49



Have you ever thought about what protects our hearts ?
Just a cage of rib bones and other various parts.


Silence, vide, sérénité… Assis sur le sol, ses mains pouvaient sentir le moelleux des capitons de la cellule de sureté. Ezechiel n’avait plus aucune notion du temps. Il pouvait bien être resté des semaines dans ce noir profond, assis dans un coin de cette cellule capitonnée, isolé des autres détenus pour mauvaise conduite. A son arrivée à l’asile et lorsqu’il finissait dans ce trou, il avait pris l’habitude de compter les repas pour garder la notion du temps. Mais cette solution s’était vite révélée vaine tant les repas pouvaient parfois se montrer espacés. Les gardiens de ce lieu ne se sentaient pas l’obligation de vous nourrir. Il était isolé pour avoir enfoncé un bistouri dans l’aine d’une infirmière cette fois. Elle n’avait pourtant pas manquée de délicatesse avec lui. Peu importe. *Catin* La porte s’ouvrit et une lumière affreusement blanche vint percer le regard du jeune homme. Il baissa la tête, grognant légèrement puis sa main vint lui protéger le visage. Il aperçut une silhouette entrer, puis une seconde. *Punition* Des jours qu’ils entraient là pour le frapper. Si seulement c’était une fois par jour, il aurait pu les compter. Une dernière silhouette resta sur le seuil et des rires narquois s’élevèrent dans la cellule.
« Tu as mal aux yeux Morgan ?! Tu ne veux plus avoir mal aux yeux Morgan ? Que dirais-tu d’avoir mal… Ici ! » Un premier coup de ce qui résonnait comme une barre de fer vint choquer sa jambe. Ezechiel porta ses mains à l’endroit du coup, laissant échapper un cri de douleur. « Et là ! Espèce d'enflure... » Ce coup là vint lui heurter le milieu du dos. Il se tordit de douleur essayant tant bien que mal de se relever son corps se contractant, attendant le prochain affront. Un coup de pied s’abattit sur sa mâchoire et il fût renvoyé au tapis. Il resta ainsi, sur le dos, l’esprit engourdi, écarquillant les yeux. *Pédale…* Il ne répondrait pas. Il ne fallait pas. Ce serait bien pire par la suite. Les deux types rirent encore de son cas avant de lui mettre un sac de toile sur le visage. Ezechiel ne tenta aucune résistance, c’était vain. Il se redressa, aidé par les deux gardiens tentant de le relever. Il se planta sur ses jambes, légèrement chancelantes et ils le firent sortir de sa prison. Il fut accompagné sur plusieurs mètres, suivant à l’aveugle ses bourreaux.
Le boucan des autres internés se fit plus audible à mesure qu’il avançait et bientôt on lui ôta son sac de toile, le poussant vers l’avant. Il manqua de s’effondrer de nouveau mais se retint contre un pan de mur. La lumière artificielle du bâtiment vint de nouveau heurter sa rétine, l’obligeant à fermer les yeux. Un silence relatif s’était fait. C’était toujours le cas lorsqu’un détenu revenait du trou. Ezechiel resta planté ainsi quelques secondes, accroché désespérément au mur qui l’avait soutenu, ouvrant les yeux douloureusement, quittant peu à peu l’obscurité. Il se sentait faible. Il n’avait pas mangé depuis trop longtemps, son corps déjà amaigri réclamait de quoi tenir debout. Il fit quelques pas, chancelant à moitié, sa jambe meurtrie affreusement douloureuse. Il se retint contre le mur, longeant celui qui avait un air de véritable ami à ce moment, malgré l’insalubrité. Les cellules du lieu renfermaient quelques lits de fortune et il passa devant chaque porte, cherchant un lieu où se reposer. Il ne devait pas se mettre plus encore en danger. Il pensa à plusieurs reprises s’installer simplement sur le sol, contre le mur pour éviter de se mêler à quelque détenu que ce soit… Ses yeux lui faisaient de moins en moins mal. On ne pouvait pas en dire autant de son dos, sa jambe et sa mâchoire.
S’arrêtant devant une nouvelle cellule, il y vit une jeune femme, assise sur le lit. Un léger sourire s’afficha sur le visage d’Ezechiel qui, se retenant au cadre de la porte, pénétra dans la cellule et y rejoint le lit. Il s’installa, dos contre le mur, douloureusement. Il jeta un œil vers la gamine. Son visage lui était familier. Il détailla son corps d’un simple regard. Anorexique, junkie… *Epave*
Il aurait pu la virer. Elle était maigre et frêle. Il aurait pu la sortir de la cellule de force. Mais il aurait attiré l’attention sur lui et ça n’était pas le moment. Il avait besoin de repos. La nuit tomberait bientôt, les gardiens de jour laisseraient leur place aux gardiens de nuit et le danger se ferait grandissant. Il devait s’être relevé d’ici là, s’il ne voulait pas être la cible facile d’un nouvel affront. Il laissa sa tête reposer en arrière et ferma les yeux, là assis aux côtés de la junkie, en silence. *Casse toi putain…*

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Dernière édition par Ezechiel C. Morgan le Lun 7 Mai - 12:13, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé] Lun 23 Avr - 18:42

Le stress, aussi violent soit-il, avait toujours poussé Zippora à anticiper. Peu à peu, seconde par seconde, elle avait anticipé sa vie entière. Chaque évènement se voulait clairement décidé. Le moment le plus important à ses yeux était la mort. Comment voulait-elle mourir ? Elle y avait longuement pensé, examinant chaque possibilité. Les issues étaient nombreuses. Suicide ? Mort naturelle ? Assassinat ? Accident ? Si l'idée de voir son corps léger pendre au bout d'une corde était plutôt agréable, elle trouvait cette option trop préméditée, trop réfléchie. Elle qui prévoyait déjà sa mort ne se voyait pas l'organiser. Quand arriverait le moment, peu importe quand ce serait, quand elle sentirait que son sens sur Terre ne serait plus qu'un souvenir, aurait-elle la force de passer de longues heures, de longues minutes, à mettre fin à ce drôle de jeu qu'est la vie ? Elle en doutait. Trouver une corde, la bonne corde. Trouver le bon endroit, avec de quoi l'accrocher au plafond. Trouver le tabouret, la chaise, le support qu'elle pourrait dégager d'un simple coup de pied. S'enrouler dans les fibres assassines et faire un noeud, le bon noeud. Cela semblait bien trop long, bien trop compliqué. Mourir d'une overdose de médicaments était indigne. Elle voulait du spectacle. Le suicide s'était alors effacé de la liste. Un accident, une voiture venant écraser son corps était certes une scène qu'elle appréciait silencieusement, mais on risquait d'à peine la voir, d'à peine la sentir. Et que dirait-on ? Un accident, ça s'oublie, c'est courant, ça accroche à peine l'esprit. Chaque possibilité s'était vue épluchée, puis, dans un éclat d'euphorie, Zippora avait choisi. Elle voulait mourir d'une balle dans la nuque. Comme un animal, comme si on la faisait exploser là, à la naissance du crâne, pour l'empêcher de penser à nouveau. Une balle.
Sur ce lit qui la portait sans mal, la blonde souriait en pensant à la détonation libératrice. Elle serait nette, prévue, angoissée, et lourde de conséquences. Elle serait parfaite. Et elle n'arriverait pas maintenant. Autour d'elle, il y avait bien des fous, bien des moyens de mourir, des cachets qui vous rendent plus mal, qui vous enferment encore, des dangereux qui tuent sans même s'en rendre compte, mais, elle avait beau regarder, personne ne tenait de flingue derrière sa nuque. Elle ne mourrait pas maintenant alors. Elle sourit un peu et remonta ses jambes contre sa poitrine. Pas maintenant.
Un homme, brun, plutôt grand, vint interrompre les pensées de la jeune. Elle l'observa, sans sourire, fronçant un peu les sourcils pour remettre des souvenirs sur ce visages. Ils regagnèrent son esprit peu à peu. Un fou, un vrai. Plus que violent, un psychopathe sans précédent qui aurait été enfermé -elle en était sûre- même si le Centre n'avait existé. Même si l'emprise des autorités était forte, avilir un homme à ce point était impossible. Elle ne parla pas, frissonnant un peu en pensant à la montagne de névrose et de violence qui se tenait à côté. Elle l'avait souvent vu se faire tabasser sans réagir et s'en énervait un peu à chaque fois. Les caractères passifs l’irritaient, elle la rebelle, elle l'hystérique. Il n'était pas spécialement beau à voir ce jour-là. Ce n'était pas étonnant. Cela faisait plusieurs jours qu'il avait disparu des couloirs. Il avait été isolé. Eleanor lui avait raconté la blessure de l'autre infirmière, la folie qui s'était emparée de lui, et, même si la frêle Zippo avait frémi en imaginant que ça aurait pu être sa belle sous le bistouri, elle n'avait pu s'empêcher de défendre le psychopathe. Ils veulent nous rendre fous, c'est leur faute, tout ça.
Elle soupira un peu, déçue de n'avoir pu continuer de fantasmer sur le revolver qui lui exploserait le cou. Ses doigts fins vinrent s'entremêler dans une liaison aussi complexe que son esprit et elle se recula pour s'appuyer sur le mur, à l'instar du nouveau venu. Il était en mauvais état, bien amoché, l'gamin pensa-t-elle sans laisser l'occasion à son visage de transcrire cette remarque.
Elle devina que sa présence à elle gênait mais n'était pas décidée à quitter son lit. Alors elle attrapa un bout de pain soigneusement rangé sous l'oreiller et le posa sur la table face à elle. Elle garda un petit morceau dans sa main qu'elle émietta doucement sans jamais en porter à sa bouche. Sa voix résonna clairement, sans être douce ni froide, elle énonça ses pensées « Le Gros va passer aux gardes de jour, paraît qu'il est malade. ». La blonde soupira un peu, elle-même ennuyée par ses paroles, mais presque convaincue que le changement d'horaire crucial du gardien le plus balèze était un fait assez important pour être souligné. Elle rajouta, sans trop s'écouter, oubliant presque à qui elle parlait « J'allais vomir, ça te dérange ? ».
Ses yeux clairs se posèrent sur l'homme à côté d'elle et elle fut obligée de constater qu'il était effectivement carrément mignon. Encore plus de près. Elle détourna le regard, décidant de penser à autre chose.
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MessageSujet: Re: So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé] Mar 24 Avr - 12:26

Agonie… Ces enflures de gardiens, ceux des cellules d’isolement, étaient tout sauf des enfants de cœur. Ceux là auraient bien plus leur place aux côtés des détenus pour certains. Ces raclures s’en étaient données à cœur joie. Ils avaient passé plusieurs jours à prendre leur pieds en le tabassant, en l’avilissant de plus belle sans qu’il n’ait ne serait-ce qu’une chance, une toute petite chance, d’y échapper. Il se sentait brisé, tant physiquement que psychologiquement. Brisé d’avoir dû se taire, et en même temps fier d’avoir réussi. Aucune supplication. Il avait souffert en silence sous les coups acharnés de ses opposants, sans jamais hurler plus que de douleur. Ils pouvaient bien le rabaisser physiquement mais il ne les laisserait jamais atteindre son mental. Ils auraient été trop contents. Les coups se seraient fait encore plus violent, portés par une vague de satisfaction, de jouissance. Et tout ce qu’il se passait de l’autre côté, en isolement, arrivait un jour aux oreilles de chaque détenu. Ezechiel se souvenait encore du gamin arrivé l’année passée. Il s’était fait violé pour commencer. Par un détenu pédophile en manque. Personne n’était intervenu. Ezechiel avait failli connaître ça lui aussi. Mais c’était sans compter sur sa folie. Son agresseur avait payé cet affront de sa vie et Ezechiel avait marqué les esprits de ses codétenus dès son arrivée, ce faisant. Cet autre gamin n’avait pas eu cette chance, il avait subit. Son statut au sein de l’asile s’était imposé à lui, de force. Il serait une victime. Il était mort quelques mois seulement après son internement. Son corps avait été retrouvé au petit matin, brisé de toute part. Il n’était plus qu’un tas de muscles amaigris et faibles, un corps qui n’avait plus rien d’humain, baignant dans son propre sang.
Il ne faisait pas bon être fragile ici. Conscient de cela, Ezechiel s’avérait être l’un des plus robustes face aux humiliations des gardiens. Il ne répondait pas aux coups, refusant de tendre le bâton pour se faire battre. Pourtant… Il en crevait d’envie. Il aurait tout donné pour sentir le cou d’une de ces enflures, se briser entre ses mains. Il en rêvait souvent, arborant un large sourire dans ses rêves éveillés. Ca arriverait un jour. Il le savait, il le sentait. Mais cette fois, c’était une infirmière qui avait payé le prix de son humiliation. Il ne savait pas ce qu’elle était devenue. Elle ne devait pas en mourir, seulement en souffrir. Il la croiserait surement de nouveau même si désormais, elle l’éviterait certainement.

Une voix le sortit de ses pensées et lui rappela la souffrance de ses membres. Ses yeux se rouvrirent instantanément et fixèrent un point invisible devant lui. Il dût faire un effort de mémoire pour enregistrer et analyser ce qu’elle venait de dire, ce pour quoi elle l’avait sortis de ses pensées. A bien y réfléchir... C’était bon à savoir. Les nuits seraient plus sereine pendant un temps si le gardiens le plus robuste n’en était plus. Un léger sourire douloureux se dessina sur son visage puis disparu. Il vit la jeune femme assise à côté de lui se mouvoir et l’observa dans ses gestes, sans tourner la tête vers elle cependant. Seul son regard la suivit. Il l’observa émietter son pain. Tarée… Lui n’avait pas mangé quoi que ce soit de consistant depuis des jours. Savait-elle qu’il la tuerait pour un simple morceau de pain ? Il ferma les yeux, une fois de plus. Il n’était pas en état. Même pour ça. Même avec un adversaire aussi frêle. Il devait s’économiser jusqu’à la tombée de la nuit.
Il hésita à rouvrir les yeux lorsqu’elle brisa de nouveau la quiétude si apaisante qui s’était installée. Cette fois… ça n’était pas perspicace. Elle n’aurait pas dû l’ouvrir. Avait-elle besoin de quelqu’un pour lui apprendre à la fermer ? Il rouvrit les yeux et se tourna vers elle. Elle aussi l’observait. Elle était attirante. Détestablement maigre mais… attirante. Il observa son corps chétif si vulnérable et s’imagina le briser, os par os. Il s’imagina lui déchirer chaque parcelle de muscle. Il s’imagina l’étouffer dans cette pièce insalubre ou encore la baiser jusqu’à la moelle tout en la brisant. Elle détourna le regard, le coupant dans ses élucubrations. Il sourit sadiquement et sa main, vestige encore puissant de son corps meurtri vint se poser sur celle de la jeune femme. Il la prit d’abord délicatement puis commença à serrer. Son regard fixa de nouveau un point vide juste devant lui, dans le vague tandis que sa main se faisait étau sur celle de la jeune femme. Encore un peu de pression et il sentirait les premiers os se briser. Il serrera jusqu'à ce qu'elle le supplie de relâcher l'étreinte. Aucune expression n'habillait son visage, ne caractérisait son âme. Orgasmique...

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MessageSujet: Re: So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé] Mer 25 Avr - 14:31

Névrose. Ça puait la névrose. Ce n'était pas qu'ici, c'était partout, c'était constant, cette odeur de folie dépassée, de fantasmes malsains. Chacun se faisait son monde, le Centre accueillant fous comment êtres sains, les faisait terminer de la même façon : rongés par des démons qui n'existent que là. Alors, entre hallucinations et rêves tordus, tout le monde s'adaptait. Il fallait survivre, esquiver, se battre. Contre les autres comme contre les autorités, mais encore plus contre soi-même. Ne pas totalement dériver, ou essayer, ou dériver en essayant de ne pas dériver. Mais, à cet instant précis, la névrose était plus forte. La douce puanteur de ses symptômes envahissait la minuscule pièce à un tel point que Zippora préféra arrêter ses gestes nerveux pour se concentrer sur la folie qui prenait place. La présence de l'homme, du psychopathe, apportait des tensions qu'elle aurait préférées éviter. Et, pourtant, elles apportaient un rafraîchissement sur lequel elle ne pouvait vraiment cracher.
L'important était de ne pas sombrer. Facile à dire, moins facile à appliquer quand un assassin avec trop de cervelle et pas assez de conscience est assis à côté de vous. Elle ne put s'empêcher de réprimer un léger sourire, rictus marquant la tournure masochiste intéressée que la belle avait prise depuis son arrivée au Centre. Il s'effaça vite, elle concentrée sur le calme qu'elle devait garder, lui silencieusement inquiétant. Il ne lui sauterait pas dessus pour l'égorger, ni pour arracher de leur orbite ses grands yeux délavés, elle le savait, ou essayait de le savoir, se le répétant sans cesse. La paranoïa avait elle aussi été provoquée par son enfermement, et ne venait qu'amplifier toutes ses angoisses. Alors, faussement calme même si vraiment désintéressée, elle tentait de ne pas paniquer.

Sa méditation fut interrompue par une chaleur se posant sur ses doigts frêles. Elle imagina l'homme mort, son sang se déversant lentement sur sa main, la réchauffant sinistrement, puis se reprit et posa son regard sur la source de chaleur. Ce n'était rien d'autre que sa main à lui, prenant la sienne, minuscule à côté, dans son emprise. L'anorexique fronça les sourcils, se demandant d'abord si le psychopathe s'était transformé en papa guimauve cherchant à la rassurer, à la protéger des démons qui les encerclaient. Sa raison et la pression qui augmentait la ramenèrent à la réalité, et, avant d'avoir vraiment mal, la blonde se fit remarquer qu'elle devait arrêter certaines substances étrangement acquises. Quand la douleur se fit vraiment ressentir, elle lâcha un léger cri, avant que sa voix ne forme des mots lâchés de plus en plus vivement « Ok, ok, c'est bon, j'vais pas vomir, lâche-moi là. ». Elle leva les yeux vers le garçon, un peu étonnée que l'idée de vomir lui fasse cette effet, légèrement plus décontenancée en s'apercevant qu'il était parfaitement serein. Chacun son délire. Sa main se posa sur celle de l'homme pour tenter vainement de l'écartait tandis qu'elle se cambrait, ravivée par la douleur de plus en plus intense. Sa voix se fit plus forte. « Putain mais tu me broies la main ! ». La jeune parcourut quelques instants de vide total, l'arrachant à la situation, au lieu, au temps. Sa seule envie était de le mordre. Elle se voyait, se penchant sur lui, planter ses dents dans sa peau déjà abîmée jusqu'à que sa morsure lui fasse aussi mal que l'emprise qu'il avait sur sa petite main. Quelques instants de souffrance, dans le vide total, ou ce fantasme léger prit le dessus, puis elle revint à elle, s'énervant sans vraiment se contrôler, tentant malgré tout de garder ses insultes pour elle pour ne pas finir en plat de résistance aux gardiens - elle savait qu'ils mangeaient les détenus morts en cellule. Elle criait maintenant, sentant presque les os de ses doigts craquer sous la pression. « Bordel mais les cons de nuits vont commencer leur ronde dans deux minutes. » Elle hurlait, comme elle savait si bien le faire, hystérique rebelle depuis l'adolescence, et était, à vrai dire, plus angoissée de croiser les gardiens de nuit que de perdre une main dans l'affaire. Du monde ne tarderait par à arriver. Elle gueulait encore, sans vraiment s'entendre. « Ils vont te ramener au trou, Morgan. » -Son nom lui était revenu dans la seconde, elle-même ne sachant pas vraiment d'où elle le tenait, mais tout le monde était plus ou moins connu dans cet espace confiné-.

D'un coup, le silence se fit. Elle encaissa la douleur dans une déglutition exagérée, et siffla, presque blasée. « Si tu veux me tuer, une balle dans la nuque, putain. » Elle râlait maintenant, sans vraiment savoir si c'était une demande ou une simple constatation. La scène n'avait duré que quelques minutes, mais, à cet instant, Zippora aurait pu jurer qu'il serrait sa main depuis au moins deux heures - avec une certaine fierté d'avoir résisté aussi longtemps. Livide, elle se dit qu'il valait mieux s'évanouir plutôt que de ne supporter ça encore longtemps, et négocia avec son corps qui finit par admettre qu'une telle douleur n'était pas endurable. La gamine changea alors plusieurs fois de couleurs, secouée de toute sa personne. Sa lèvre inférieure, rougit par la morsure qu'elle s'était elle-même infligée pour tenter de parer à la douleur, se lia à sa consoeur pour articuler quelques mots. « Lâche-moi bordel, pitié. » Les secondes ne défilaient plus, son organisme bientôt bercé par la douceur de l'évanouissement.
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MessageSujet: Re: So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé] Mer 25 Avr - 17:40

Il avait pris la petite main fragile de la jeune femme et n’avait pas serré immédiatement. Il pouvait autant se faire délicat qu’il savait se faire brutal. Avait-elle espéré ne serait-ce qu’une fraction de seconde qu’il garde sa main dans la sienne ainsi et la lui réchauffe, la lui caresse même peut-être ? Avait-elle pu croire en une telle idiotie venant de lui ? Tarée… Si un instant elle avait lu dans ses yeux ou son esprit ce qu’il miroitait, certainement aurait-elle préféré se battre pour lui ôter sa main. C’était même indéniable. L’instinct de survie n’était-il donc pas tout ce qui leur restait dans ce trou ? Ca et leur imagination ? L’imagination… Certains en manquent plus que d’autres… Ceux là étaient bien les plus à plaindre en ce bas monde. Ceux là devaient faire avec leur solitude et avec leurs démons. Ezechiel n’était jamais seul dans sa tête, sans pour autant souffrir de schizophrénie. Son imagination était telle qu’elle pouvait imposer sur sa rétine des images inexistantes, venant recouvrir la réalité crasse, les yeux grands ouverts. Il paraissait alors encore parfaitement éveillé, parfaitement vigilent aussi. Alors que l’environnement réel avait totalement disparu autour de lui.
Mais ce n’était pas un de ces moments là. Il avait commencé à serrer la main de l’autre dans la sienne, à lui écraser lentement, contrôlant parfaitement la pression qu’il y mettait et il n’aurait été ailleurs pour rien au monde. Il voulait la sentir se courber, l’entendre se plaindre, le supplier même, de ne pas lui briser la main. Il ne la fixait pas, préférant garder le regard dans le vague et ressentir la présence de l’autre à ses côtés. Les secousses sur le matelas vieilli lui permettraient de consommer les mouvements de sa victime. Il n’avait pas besoin de la regarder.

La première réaction notable de la gamine fut un cri, même pas étouffé… Où se trouvait sa fierté… Il ferma les yeux lentement tandis qu’elle réussissait à prononcer ses premiers mots. Il resserra l’étreinte, écrasant un peu plus la main délicate de la gamine. Elle appela son autre main en secours mais il ne lâcha pas un seul centimètre de terrain, tenant fermement l’autre main dans la sienne. Elle tenta de le raisonner, lui parlant puis lui hurlant dessus entre deux cris de douleur. Agonie. Lente. Précise. Elle hurla son nom tandis qu’elle tentait vainement de le menacer. Il durcit son regard, une étincelle de folie le parcourant et il se tourna vers la gamine qui venait de prononcer son nom. Il inclina la tête légèrement savourant ce moment de souffrance intime. Son dos quitta le mur pour se redresser. Il l’observa se tordre, se cambrer comme si en changeant de position, en s’inclinant, elle pourrait atténuer la douleur. Se mordant la lèvre, une perle de sang s’en échappa, comme si cette seconde douleur pourrait la distraire de la première, plus intense. Elle était si belle à ce moment. Si forte.
Il la vit suffoquer, retenant un cri, une respiration, ses yeux trahissant l’abandon de ses dernières forces. Il la suivit du regard, s’inclinant lui aussi pour conserver son regard dans le sien. Sa mâchoire se serra tandis que les os de la gamine ne tarderaient pas à exploser. Et elle le supplia…
Il ferma les yeux avec une lenteur arrogante. Elle venait de perdre de sa splendeur. Si faible. L’étreinte fut relâchée doucement et gardant sa main dans la sienne quelques secondes, son pouce en caressa le dessus avant qu’il ne l’abandonne. Il rouvrit les yeux et la fixa. Sa main vint se poser sur le visage de la blonde et son pouce vint ôter le sang de sa lèvre. Il ôta sa main et en observa le sang avant d’y passer sa langue. Son dos rencontra de nouveau le mur et il fixa de nouveau un point aveugle.

« Une balle dans la nuque hein… Tu n’aurais même pas le cran d’appuyer sur la détente. » lâcha-t-il sans même lui accorder un regard.
Vermine. Sa main bourreau retomba nonchalamment, nouvellement détendue mais portant encore les marques de frictions en ses veines marquées, sur le matelas juste à côté de la jeune femme.

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MessageSujet: Re: So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé] Mer 25 Avr - 19:08

Douleur. Dans tout son corps, recouvrant chaque parcelle. Les frissons ne suffisaient pas, le temps non plus, l'homme serrait, encore, sans relâche, accablant la blonde. A quoi pensait-elle, en souffrant ? S'intéressait-elle aux motivations ? Si peu. Elle avait oublié depuis longtemps l'envie de comprendre, d'apprivoiser. Les hommes étaient fous, les hommes n'obéissaient à aucune logique. Peu importe la raison, il la faisait souffrir. S'imaginait-elle mourir ? Une pression suffisamment forte pouvait-elle lui arracher la vie ? Sûrement pas. Elle rageait. Une balle dans la nuque, putain. Il relâcha ses doigts alors qu'elle se sentait défaillir. Timing parfait, la blonde faillit le féliciter. Reprends-toi, sale conne. Elle réprime un sourire, elle a mal, elle ne doit pas oublier ça, et pourtant. Elle fut, en un instant, captivée par l'homme en face d'elle, le psychopathe en pleine action, qui semble prendre son pied en brisant des os. Sa main blessée vint dans celle encore alerte, par réflexe, sa peau rougie plus douloureuse que jamais. Mais ses yeux ne quittaient pas le violent, l'observant attentivement, sans même craindre un autre assaut.
Elle détailla les traits de son visage, remarquant une nouvelle fois sa beauté. La violence autant que la névrose le rendait plus attirant encore. Il leva la main vers elle, elle frissonna, immobile, plus intéressée que courageuse. Il caressa sa lèvre abîmée, elle ne le lâcha pas du regard. Ses yeux, plus foncés que ceux de la blonde, étaient perçants, prouvant l'intelligence de l'homme. Ses traits, marqués par les soins qu'avaient pris les gardiens quand il se trouvait en isolement lui rendaient son air de psychopathe. Comme pour appuyer cette dernière pensée, il vint porter les quelques gouttes de sang de Zippora à ses lèvres. Celle-ci pencha un peu la tête, intriguée malgré elle, sans être effrayée. Elle baissa les yeux quand il regarda ailleurs, confuse de s'intéresser autant à un plus névrosé qu'elle, décontenancée par la chaleur qui réveillait le bas de ses reins. Depuis quand les cannibales meurtriers l'excitaient ? Elle souffla un léger rire, visiblement affligée de ses propres folies. Il prit la parole, lui arrachant des frissons supplémentaires. Sa voix, claire, grave, l'intéressa bien plus que les mots qu'il prononçait.

Elle releva les yeux vers lui, rattrapée par le fantasme qu'il évoquait. Elle oublia, à nouveau, ce qui l'entourait, replongeant dans des pensées qui l'animaient souvent. « Je me demande quel bruit ferait le craquement, l'explosion, de la nuque sous l'impact de la balle. ». Elle réfléchit, posée, affreusement calme face à la situation qu'elle refusait de voir clairement. « Peut-être qu'on n'entendrait pas ce bruit précis, mais simplement la détonation. Quelle importance ? Avant de saisir la déflagration de ma colonne vertébrale, je serais déjà morte. ». Elle fronça les sourcils, légèrement peinée par cette douce révélation. Elle pencha légèrement la tête, étudiant les mouvements de ce qui était au coeur de sa réflexion. « La seule solution serait de briser la nuque de quelqu'un, à mains nues, avant ma mort. Je pourrais avoir l'oreille à côté, et savoir. Même si se serait sûrement moins impressionnant qu'avec un flingue. » Elle se reprit, observant avec de grands yeux le psychopathe à côté dont elle avait déjà oublié la nature. « J'déconne hein t'emballe pas. Quoi que, avec ta force ça pourrait être intéressant... » Songeuse, elle gardait son regard posé sur lui, massant doucement sa main encore douloureuse. « T'as déjà fait ça ? ».
Sans oser l'approcher, encore moins le toucher, Zippora ne pouvait nier l'attirance qui le menait vers lui. Si son physique suffisait à lui donner envie de lui, la blonde devait avouer qu'une certaine fascination pour le personnage commençait à la gagner. Était-il habitué à ces folles aimant le psychopathe ? Un syndrome typiquement féminin, l'attirance pour le danger. Elle ne se pensait ne détonnant pas et le constatait avec une amère déception. Elle aurait aimer tenter une approche simple et claire, style et au pieu, ça va comment ? mais se retint, raisonnable au fond.
Elle joua doucement avec sa lèvre inférieure qui saignait un peu. Son esprit tentait, vainement, de s'accrocher à autre chose qu'à la présence perturbante du dénommé Morgan. Mais il était là, au creux de ses reins, au fond de son ventre, faisant brûler son corps dans une envie malsaine. Plus par fascination que par pur masochisme, la jeune était poussée vers lui. Elle soupira un peu et reposa son regard sur lui, capitulant, voulant maintenant plus de contact. « J'ai envie de t'embrasser - à croire que tu ne m'as pas fait assez mal. Mais je me retiens, t'inquiète. » Elle le fixait, envoûtée par ce qui émanait de lui. « J'ai un peu peur que... tu... je sais pas en fait. ». Elle haussa les sourcils, penchant un peu la tête, se rendant compte qu'elle n'imaginait même pas la réaction qu'il pourrait avoir. « Je suis plus nympho que maso, mais tu m'attires franchement. »
Les mots le lasseraient-ils ? Aurait-il était plus réceptif avec des gestes ? Peu importait. Étonnamment calme, Zippora râlait plus contre cette brûlure incessante au fond d'elle que contre la douleur toujours présente dans sa main.
Elle redressa la tête, comme ressortant d'un long délire et grimaça très légèrement. « J'appuierai. » Elle sourit. « Sur la détente. »
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MessageSujet: Re: So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé] Jeu 26 Avr - 14:36

De toute évidence, il lui avait fait passer l’envie de vomir. Elle n’avait plus de main ou du moins ne pourrait plus s’en servir normalement pendant quelques temps, mais elle ne vomirait pas. Il se sentait de nouveau serein. Non pas qu’à un moment il ait ressenti quelconque stress mais il était de nouveau installé presque confortablement, contre le mur, le regard dans le vague, enfermé dans son esprit, si bien que la présence de l’autre ne l’importunait plus le moins du monde et son corps, presque à l’abri, pourrait se remettre doucement des heurts subits les jours précédents. La seule chose qui restait de sa charmante compagnie était ce goût ferreux en bouche et l’empreinte, souvenir de ses os tendus à l’intérieur de la main de l’homme. Il arrivait presque à faire abstraction de la présence de l’autre et de son regard insistant sur lui. Seul son sang sur ses lèvres le ramenait à la réalité et lui permettait de ressentir ce regard telle une caresse. Elle n’avait pas répondu à ce qu’il avait dit. Mais les premiers mots de l’homme n’attendaient pas de réponse. Ezechiel n’attendait pas de réponse. Lorsqu’elle reprit la parole, d’une voix étrangement sereine pour ce qui venait de se passer, le gout de sang se fit plus insistant et le jeune homme fut ramené à la réalité. Il accorda enfin un regard à celle qui parlait. Elle semblait à la fois lui parler à lui et se parler à elle-même. Ezechiel était persuadé que même sans lui, cette discussion aurait eu lieu, que ce soit à haute voix ou en pensée.
Il l’observa ainsi se parler et lui parler, amusé intimement par le raisonnement de la gamine. Il ne manquait plus qu’elle se dandine en souriant pour avoir l’air d’une véritable enfant. Le regard d’Ezechiel s’était peu à peu fixé sur les lèvres de la gamine, son sang l’attirant indéniablement, pour ce qu’il représentait de souffrance et de partage. Pour ce qu’il avait d’universel aussi. Le gout du sang est le même pour tous.
Il n’écoutait qu’à moitié ce qu’elle racontait, n’en perdant pas le fil pour autant. Un craquement de nuque brisée était surement l’une des choses les plus douces par ici. C’était rapide, irréversible. Pourquoi avait-elle été enfermée… D’ordinaire cette question n’aurait même pas effleuré son esprit, il se foutait de tout et de tout le monde, ou presque. Mais elle était là, à disserter sur la meilleure façon de mourir ou de tuer… Un stade déjà bien avancé de névrose.
Un silence, une question lui avait été posée, il s’agissait d’y répondre.
Son regard quitta les lèvres de la gamine pour lui rendre son regard. Il la fixa, cherchant s’il voulait vraiment répondre à cela ou non et cherchant à lire en elle. Que pensait-elle à ce moment en l’observant de la sorte ? Elle se mordait la lèvre de nouveau et ce faisant, attira le regard de l’homme dessus. Il se pinça à son tour les lèvres puis répondit. Diversion.

« Oui, une fois. De mes mains » répondit-il sans en dire plus. Sans même qu’une expression ne vienne trahir ni le plaisir, ni le déplaisir qu’il aurait pu en ressentir. Il l’avait déjà fait, c’est tout ce qu’elle pourrait savoir. Il se détourna aussitôt, baissant légèrement la tête, observant sa propre main reprenant un aspect calme. Il la retourna et l’ouvrit, l’observant comme on observe l’outil le plus merveilleux au monde, comme un tireur d’élite aurait regardé son flingue. Son visage s’inclina légèrement, en contemplation tandis que le gout du sang s’évaporait d’entre ses lèvres. Tristesse. Il ferma les yeux, cherchant à se concentrer sur ce qu’il restait de trace dans sa bouche. Le silence était de nouveau de mise. Douce récompense. Elle gigotait à côté, il le sentait. Il n’ouvrait pas les yeux, qu’avait-il à craindre d’un si petit bout de femme, d’une névrose si chétive ? Elle pouvait bien gigoter tant qu’elle le voudrait. Il se sentait presque en sécurité ici. Tant qu’il n’y aurait pas de bruit, tant que les gardiens n’auraient aucunes raisons de s’y aventurer.
Un silence de plus qui se brisa. Catin… Il ouvrit les yeux, arquant un sourcil blasé puis se tourna vers elle pour la regarder.
*Retiens toi oui…* Qu’attendait-elle de lui en lui faisant de telles confidences. Lui ne voulait que ses lèvres et son sang à ce moment. Lui était plus maso que nympho à en suivre le raisonnement de la gamine. Cette pensée lui soutira un léger sourire. Il fixa une nouvelle fois les lèvres rouges de la gamine. Il s’y perdit des images plus réelles que la réalité défilant devant ses yeux. Il l’embrassait, dévorant ses lèvres et son sang jusqu’à ce qu’elles ne sachent plus saigner. Il l’embrassait ignorant le reste de son corps. Un claquement de matraque résonna contre le mur et Ezechiel cligna des yeux comme pour effacer les images avant de se retourner pour apercevoir le gardien de nuit. Ce dernier les toisa un instant, cherchant à détecter un supposé danger. Rien. Il continua sa route.
Ezechiel fixa le contour de l’entrée, à présent vide, quelques secondes puis refit face à la gamine.

« Tu parles trop… Ferme-la un peu. Et tu n’appuierais pas, j’en suis sûr. »

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MessageSujet: Re: So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé] Jeu 26 Avr - 21:15

Tuer quelqu'un. Y avait-elle déjà pensé ? Sûrement. Tout le monde pense au meurtre, au moins une fois dans sa vie. L'imaginer est autre chose, mais l'être humain garde une certaine part de perversion sadique. Le geste, même si souvent fantasmé, restait rare. Ôter la vie. Zippora sourit, muette, un instant. Qui avait-elle voulu tuer ? La liste était trop longue. Depuis son entrée au centre, chacune de ses pulsions s'était amplifiée. Lentement, elles avaient pris le dessus, à l'instar de ses névroses.Le séjour était devenu transformation, amplifiant ses folies, ses craintes, ses angoisses. Rendant même le meurtre attirant. Elle s'imaginait clairement le bruit d'une nuque se brisant, sous une trop forte torsion. La pression exercée serait fatale, dans cette symphonie macabre, et alors, l'anorexique aurait pu dire avoir volé une existence. Qu'aurait-elle fait du corps ? Le laisser là, cadavre gisant pour prouver que oui, elle pouvait tuer ? Le cacher, et continuer de vivre faussement blanche, une fausse innocence collée au sourire ? Ou bien trancher la peau, séparer les membres, les éparpiller ? En offrir en ragoût au voisin de cellule, oui, cadeau, c'est moi qui l'ai préparé, oui, oh, de rien. Sourire de circonstances. La question était à méditer, elle y reviendrait.

Il acquiesça. Il avait déjà briser la nuque de quelqu'un. De ses mains. L'homme à côté d'elle avait déjà tué quelqu'un comme elle s'imaginait de le faire, et la peur n'était pas là. Il y avait, au fond des entrailles de la blonde, une fascination, une sorte de respect, et un peu d'excitation. Si peu de curiosité qu'elle n'en demanderait pas plus, pas même étonné du visage impassible du garçon.
Il l'avait fait. C'était intéressant. Elle sourit un peu et ne put s'empêcher de l'imaginer, à l'action, meurtrier, jouissant d'une puissance impressionnante. Appréciait-il avoir le pouvoir ? Sans doute. Zippora n'y accordait pas vraiment d'importance, se foutant plus ou moins des excès fiévreux de la psychologie du fou. Ils débloquaient tous, peu importe la façon.
Sa tirade reprit alors. Mourir, oui, mais comment. La réflexion dura un certain temps. La junkie parlait seule, presque enchantée de la présence de l'homme, qui faisait de ce monologue un discours. Il était là, elle s'adressait donc théoriquement à quelqu'un, à lui. Elle n'était plus folle mais sociable. Ou presque. Sans savoir si elle était rassurée par la carrure du Morgan ou par sa réputation qui tiendrait sûrement les autres pensionnaires éloignés - elle l'espérait -, elle était clairement apaisée. Sa main, pourtant, lui faisait un mal de chien. Elle s'attarda dessus, analysant la douleur. Celle-ci était intense, mais Zippora l'oubliait facilement. Elle s'y était accommodée. Non pas depuis quelques minutes mais depuis des années, les blessures s'accumulaient, et la jeune s'y était doucement habituée. La faim, le manque, le stress, les coups, les chutes, les symptômes, les effets, elle connaissait et oubliait. Elle omettait, facilement, elle mettait de côté. La douleur, un simple signal. Elle ignorait.

L'envie, le désir, eux, étaient beaucoup moins discrets. Rongeant ses reins, bouffant son ventre, elle ne pouvait ne pas y penser. Morgan ne répondit rien, la regardant fixement. Un gardien vint interrompre l'oeillade, faisant sursauter l'anorexique. Elle l'observa, haussant un sourcil, étonnée qu'il ne trouve rien à redire. L'homme à côté d'elle la fit sursauter une nouvelle fois, comme s'il cherchait à la tuer d'arrêt cardiaque. Il lui dit de se taire, elle soupira un peu.
Elle enchaîna, à voix plus douce, sans trop réfléchir à ses mots, pensant plutôt à ceux du brun. « Techniquement, j'aurais du mal à me tirer une balle dans la nuque, seule. » Elle observa l'autre attentivement, toujours aussi calme. « Mais... sans ça, oui. ». Elle sourit, encore une fois plus à elle-même qu'à une tierce personne. Un léger pincement la troubla et la fit se pincer la lèvre, songeuse, baissant les yeux comme pour essayer de voir la plaie à sa bouche. Silencieuse, elle ne savait que dire, que faire. Elle pensa, d'un coup, au bout de pain posé sur la table. Elle se tourna pour le regarder un instant, se demandant si en proposer au jeune aurait-été déplacé. Elle haussa les épaules et refit face à l'homme, la tête un peu penchée.

Sa respiration ralentit, assurément apaisée en sa présence qui aurait dû être inquiétante. Un sourire vint éclairer son visage, donnant à ses yeux une lueur aussi perverse qu'enfantine.
Ses dents vinrent se planter à nouveau dans sa lèvre inférieure, cherchant à expulser l'envie qui la gagnait, lui arrachant un frisson. Elle se raidit un peu sous la douleur mais ne relâcha la pression. Quand un très léger rire vint enfin arrêter la morsure, se glissant entre ses lèvres, elle souffla, murmurant presque « Je me tais. ».
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MessageSujet: Re: So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé] Lun 30 Avr - 9:41

A mesure que le temps passait, la compagnie de la gamine l’exacerbait. C’était incroyable de voir un si petit corps, une si petite gamine prendre autant de place dans la cellule. Ce qu’elle disait, sa façon de gigoter, de se dandiner, sans arrêt, venait meubler la pièce, saturer son espace. Ezechiel n’était pas venu pour faire la conversation et pourtant elle lui avait soutiré quelques mots. Et quelque chose lui disait que ça ne s’arrêterait pas là. Elle parlait trop, et sans gène. Il avait presque espéré qu’avec sa main brisée, elle dégagerait, en fuite, aussi loin que possible de lui, le laissant seul habitant des lieux. Il avait espéré qu’elle prenne peur, qu’elle comprenne qu’il était dangereux et qu’il avait besoin de calme et de repos. Au lieu de cela, elle était là à se mordre la lèvre jusqu’au sang, attisant les sens de l’homme, à se dandiner comme si quelque chose la démangeait dans ses entrailles et à lui confier des envies sexuelles et mortelles. Dépravée… Et entêtée avec ça. Si bien que l’homme n’avait pas encore trouvé une qualité à la gamine, autre que son physique qui ici, lui vaudrait surement nombre d’agressions et d’attouchements. Tandis qu’un heureux silence aurait pu s’installer de nouveau, après le passage du gardien, après qu’Ezechiel ait décroché son regard des lèvres ensanglantées de la gamine, elle préféra s’entêter sur un sujet que l’homme croyait pourtant clos. Il s’était trompé. Elle s’évertuait, et des vertus il ne devait pas lui en rester tant, à lui faire entendre qu’elle serait capable de tuer, qu’elle le ferait de sang froid, qu’elle appuierait sur la gâchette du flingue, donnant la mort sans état d’âme autre que la jouissance de fantasmer un doux son de nuque brisée. Ezechiel souffla légèrement avant de répondre sans la regarder.

« Tu n’appuierais pas… Pas parce que tu n’en as pas le cran mais parce qu’une once d’hésitation te mettrait hors courses, le type n’aurait qu’à saisir cette seconde d’hésitation pour retourner l’arme contre toi. Et tu n’hésiterais pas par peur ou par manque de cran, tu hésiterais pour mieux te concentrer sur le bruit de la déflagration, pour tenter d’en faire abstraction au profit de celui du brisement de la nuque. Tu es trop puérile. » Il avait parlé calmement. Il ne savait même plus pourquoi il répondait. D’autant plus sur ce scénario avorté. Où trouverait-elle un flingue ici ? Seuls les gardiens en possédaient et tuer un gardien en s’emparant de son arme ne la mènerait surement à rien. C’était bien là, la raison de la supériorité masculine en ces lieux. En absence d’arme, seule la force venait à compter, avec l’agilité. L’homme prenait alors l’avantage sur le beau-sexe. Il arrivait que certaines femmes se montrent redoutables mais c’était le plus souvent en sous-sol, se servant des restes de barres de fer, débris gisant un peu partout.
Les autres subissaient plutôt qu’autre chose. Certaines ne semblaient même plus subir, comme si elles y avait pris goût, allant parfois jusqu’à provoquer l’assaut. Il se demandait si elle était de celles là. Il l’avait vu plus d’une fois s’envoyer en l’air avec d’autres détenus mais n’aurait su dire s’il y avait viol ou consentement. Il ne se mêlait pas de ses choses là. A l’asile c’était chacun pour soi, la loi du plus fort et aussi la loi du plus discret. Il avait su se faire respecter dès le départ, imposant sa carrure et sa folie comme des armes incroyables. Depuis, il ne tenait qu’à lui de se tenir tranquille. Il n’y avait plus que les gardiens. Ceux là n’avaient pas vraiment envie qu’il reste tranquille. Ils préféraient le repousser dans ses retranchements, s’amusant de sa passivité. Il ne leur faisait pas le plaisir de répondre.
Subissait-elle beaucoup d’agressions ? Est-ce que l’inaptitude nouvelle de sa main la rendrait-elle plus vulnérable encore qu’elle ne l’était ? Il n’avait pas de remord, néant, c’était un sentiment dont il ignorait l’effet, en connaissant seulement l’existence, chez les autres. La gamine s’était encore dandinée… Et elle avait parlé. Parler pour dire qu’elle se taisait… Voilà une bien étrange chose, un paradoxe dont Ezechiel se serait bien passé. Il aurait préféré constater son silence, l’apprécier sans qu’elle n’ait eu à le prévenir. Il tourna la tête vers elle, souhaitant lui sourire légèrement comme s’il la remerciait d’avoir enfin saisi le sens du mot silence. Il ne put sourire. Son regard fut une nouvelle fois attiré par les lèvres de la gamine. Elle s’était mordue, plus fort encore. Il pouvait le voir. Le souffle court, les battements de son cœur s’accélérèrent, en manque d’oxygène.
Il déglutit, respirant à nouveau, lentement.
« Tu saignes, cesse de te mordre la lèvre ou je te l'arrache avec mes dents. » c’était comme s’il pouvait sentir de nouveau le goût de son sang. Il serra la mâchoire et se détourna une nouvelle fois. Il fut pris d’un vertige, son envie fut refoulée, une fois de plus. Le processus avait cependant été plus douloureux.
Le calme revenu il repensa à l’intrusion du gardien. C’était l’annonce de la nuit et il comptait dormir, bien qu’il ne le ferait que sur une oreille. Il avait besoin de repos. Le lit de fortune lui permettrait de s’allonger, si seulement la gosse voulait bien s’en aller. Il ne dormirait que quelques heures et il dormirait mal, obligé de rester un minimum conscient et vigilent. Il somnolerait.

« Je vais m’allonger, j’ai besoin de repos, tu devrais t’en aller, va chercher un autre coin à squatter. »

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MessageSujet: Re: So Breakable... our cracking bones make noise (Zippo & Eze) [terminé] Dim 6 Mai - 10:27

Silence. Zippora abandonna l’homme, le Centre, en même temps que toute la réalité, s’échappant dans ses pensées. Tuer. L’idée était étrange mais semblait s’installer en elle doucement. De la simple curiosité, sans doute due à son caractère rebelle. L’inconnu l’avait rarement effrayée, l’attirant au contraire bien plus souvent. Elle sourit légèrement quand le brun reprit la parole, restant dans son propre univers, bercée par sa voix qui s’éternisa. Il lui expliqua en quoi elle ne serait pas capable de voler la vie. Les faits qu’il exposait étaient clairs et précis. Les sensations comme étudiées, connues. Il ne parlait pas sans savoir, mais cette expérience ne surprit pas la blonde, toujours aussi peu apeurée. Elle songeait plutôt à ces mots, apaisée à l’encontre de sa voix grave, presque rassurée par la sérénité morbide du psychopathe quand il abordait le sujet.
Quand il s’arrêta, elle considéra une nouvelle fois la chose et ne vit rien à ajouter. Elle n’avait pas d’objection et ne voyait pas l’intérêt de contredire quelque chose qui semblait vrai. Elle hocha légèrement la tête et souffla un « Sûrement, oui. » convaincu. Trop puérile ? Après tout, pourquoi pas.

L’homme sembla s’énerver quand elle rouvrit la plaie sur sa lèvre. Le voile d’agacement qui recouvrit son visage fit frissonner Zippora. Elle se raidit, légèrement plus attirée encore par l’homme mauvais dans la peau du brun. Elle l’observa parler sans bouger. Ses yeux clairs se baissèrent d’elle-même, comme grondée par une autorité. Inclinée vers le sol, elle se pinça les lèvres, légèrement coupable, et grimaça, sujette à une douleur un peu plus vive sous ce geste. Ses doigts fins montèrent jusqu’à son visage et glissèrent lentement sur sa bouche, essuyant partiellement le sang qui y coulait. Elle observa un instant sa peau marquée par le liquide foncé, sans trop savoir quoi en faire. Elle fit danser ses mains sous ses yeux, ne quittant pas du regard les taches rouges, espérant presque qu’elles disparaîtraient seules.
La voix du garçon la surprit. Elle se tourna à nouveau vers lui, reposant ses mains sur ses cuisses. Il l’invitait à se barrer, décidé à prendre sa place pour la nuit. La blonde l’observa, dubitative, sans dire mot. Bouger ne la dérangeait pas en soi, mais se faire ordonner de bouger était assez étrange et lui donnait une ferme envie de rester là. Elle réfléchit un peu, laissant son regard pâle se perdre sur les traits de l’homme. Le silence se refit autour d’eux, et Zippora finit par se lever. Sans le quitter des yeux, elle remit ses vêtements en place par réflexe et hocha un peu la tête pour signifier son obtempération. Elle s’intéressa à lui encore quelques secondes, se demandant ce qu’il pensait d’elle sans vraiment y accorder d’importance. Que pensait-il de tout ça ? De lui ? Est-ce qu’il pensait, seulement ? Elle retint un sourire, se rendant compte de l’absurdité de sa réflexion, et fit un pas en arrière. Elle partirait sans rien dire, parce qu’il n’y avait rien à ajouter. Il était venu, l’avait agressée, elle lui laissait sa place. Elle avait envie de rire, elle l’angoissée de toujours, si calme aux côtés d’un fou dangereux
Alors qu’elle devait partir et qu’elle le savait, c’était prévu, c’était écrit, elle s’effacerait sans un mot, là était l’issue, et trouverait un lit plus calme, moins risqué, elle ne bougea pas. Elle devait quelque part où elle pourrait fermer les yeux et s’inquiéter en silence, vomir autant qu’elle le voudrait tout ce qu’elle n’avait pas mangé, et alors elle ne reparlerait sûrement pas au brun en face d’elle – au moins jusqu’au jour où il vendrait la tuer, juste comme ça, se rappelant de son fantasme de nuque brisée et décidant de le réaliser. C’est ce qu’elle allait faire.

Ou presque. La douleur dans sa main avait repris, en dépit de sa lèvre qui saignait toujours. La blonde frissonna, désireuse de reprendre le dessus sur ses maux qu’elle avait pris l’habitude d’ignorer. Ignorer son corps, là était la solution. Un autre frisson et elle avança vers l’homme devant elle. Il lui fallut quelques secondes, peut-être même moins d’une, pour s’approcher de lui, lui voler un baiser – empreinte de ses lèvres sur les siennes, le moment parut durer une éternité, consciente qu’elle dérobait un instant interdit, un geste qui aurait pu et pourrait encore la tuer –, et s’effacer. Elle disparut plus vite encore qu’elle ne s’était avancée vers lui. Quand elle se rendit compte de ce qu’elle venait de faire, elle marchait déjà dans les couloirs, trouvant justement une cellule plus accueillante quelques mètres plus loin. L’avait-elle vraiment fait ? Elle ne savait plus.
Sans jeter un regard en arrière, elle ferma la porte de la petite pièce et s’élança sur le lit, prête au non-sommeil. Ses yeux se fermèrent un instant.
Dans la nuit, elle fut réveillée par une douleur lancinante dans la main. Elle la palpa un peu, grimaçant sous le mal.
Que s’était-il passé ?
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