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Les mêmes souffrances unissent mille fois plus que les mêmes joies (Zippo' & Eze')

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MessageSujet: Les mêmes souffrances unissent mille fois plus que les mêmes joies (Zippo' & Eze') Mar 15 Mai - 16:06


Amertume, cruelle illusion, doux souvenir que celui des lèvres de la gamine sur les siennes. Il n’avait pu oublier le goût âpre mêlé à celui de fer qu’elles avaient laissé en un bref baiser volé. Il n’avait cessé d’y penser, toute la nuit. Cette nuit où il lui avait intimé l’idée de le laisser, de le quitter. Il n’avait cesser de revoir la gamine, sa façon de se pincer les lèvres, de se les mordre aussi, sa façon de baisser les yeux coupable, sa façon de se dandiner d’une excitation incompréhensible, sa façon d’être agaçante, sa façon de sourire interdite, sa façon de se taire aussi et celle dont elle parlait. Il la revoyait encore se lever et ajuster ses vêtements sur son petit corps à qui tout sciait à merveille quoi qu’elle fasse. Par respect et parce qu’elle n’avait pas bronché à son ordre, il avait attendu qu’elle s’éclipse avant de s’allonger sur le lit. Par prudence aussi. Qui pouvait bien savoir se qui se tramait dans la tête de cette tarée. Il ne l’avait pas vu venir. Le baiser. Elle avait bafoué son corps, en disposant sans son accord. Elle avait imprimé l’empreinte de ses lèvres meurtries sur celle d’Ezechiel. Il se souvenait avoir serré le poing droit, ses ongles s’enfonçant dans sa paume, le maintenant fermement vers le bas pour qu’il ne vienne pas s’abattre sur le visage fin de la gamine. Ce n’était qu’un baiser. Les gens normaux en échangeaient à longueur de temps. Ils n’avaient pas un goût de sang cependant. Il la détestait. Il ne l’avait pas vu en sortant de sa cellule ce matin. Il n’était pas remis de son séjour en isolement et des coups des gardiens. La nuit prochaine serait plus douce, s’il tenait le coup ce jour. Il reprenait des forces avec le temps et les marques rouges ainsi que les hématomes sur sa peau avaient déjà disparu. De son isolation, il ne lui restait plus que les coupures, les douleurs intercostales et un souvenir cuisant.

Les combles. C’était la solution. Comme un exil dans lequel il ne serait pas le bienvenue mais où personne n’oserait s’en prendre à lui. Il lui suffisait d’atteindre ce lieu où les plus sains d’entre eux se retrouvaient comme s’ils y étaient en sécurité. Il les imaginait déjà en groupe, près à bondir sur le moindre fou qui s’y pointerait. Il les imaginait prendre soin les uns des autres, surveiller leurs arrières. Un petit sourire étira le visage d’Ezechiel à cette simple pensée. Il évita les regards, dans les couloirs, même ceux des gardiens. Il marcha sereinement, calmement, inutile d’attirer l’attention sur lui. Il était déjà parmi les plus surveillés, les plus craints aussi. Il rejoint les combles, comme si en s’élevant plus près du ciel et un peu moins proche du sol, la liberté semblait moins loin. Il y fit quelques pas et rejoins l'unique grande salle. Les regards se tournèrent vers lui. Il ne souriait plus. Personne ici ne devait croire qu’il riait, personne ne devait croire qu’il serait bon de le virer. Pure folie que de vouloir le sortir d’un lieu. Quoi qu’au vue du nombre de type ici, ils auraient très bien pu lui faire la peau. Il reconsidéra cette situation et décida de ne pas s’y aventurer plus encore. Il devait rester proches de la sortie. Il fit les quelques pas qui le séparaient d’un vieux fauteuil défoncé contre un mur. Il y avait une fille dedans. Il s’en approcha. La pauvre fille vit son corps plonger dans l’ombre de l’homme et leva les yeux vers lui. Il lui fit un signe de tête pour qu’elle dégage et elle s’exécuta sans broncher. Il jeta un dernier regard vers les autres qu’elle rejoint rapidement puis pris place sur le fauteuil. Il se mit en diagonal, les jambes sur un des accoudoirs et sortit une cigarette d’un paquet de clope pratiquement vide et cabossé. Il la porta à ses lèvres et se l’alluma. Il tira sur sa clope qui bientôt lui fut enlevé par sa propre main. Main dont la base du poignet vint frotter contre son front, ses yeux s’étant fermés et sa tête posée sur le second accoudoir. Un calme suspect régnait ici, c’était apaisant. Il n’était pas venu pour trucider qui que ce soit, qu’ils le laissent tranquille et il repartirait quand il s’en sentirait la force.
Les lèvres de la gamine revinrent le hanter.

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